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La Transat Paprec : Tous à bon port !

Dimanche 21 mai 2023

Malgré une préparation d’à peine quelques semaines, les deux duos amateurs de Race for Science – Verder (Alicia de Pfyffer/Édouard Golbery) et Groupe Helios – Du Léman à l’Océan (Arnaud Machado/Lucie Queruel) ont bouclé la 16e édition de Transat Paprec moins de 24 heures après le reste de la flotte, quand les duos amateurs accusaient, il y a deux ans, près de quatre jours de retard. De quoi démontrer leur abnégation, leur capacité à se battre jusqu’au bout et à prouver que les projets amateurs ont toujours leur place sur la course.

Alicia de Pfyffer et Edouard Golbery (Race for Science - Verder) ont franchi la ligne d’arrivée de la 16e édition de la Transat Paprec ce samedi à 14 heures 42 minutes et 05 secondes heure locale (20 heures 42 minutes et 05 secondes en métropole). Ils terminent 10e avec un temps de course de 20 jours, 07 heures, 40 minutes et 05 secondes. Alicia de Pfyffer et Edouard Golbery ont effectué les 3.890 milles du parcours entre Concarneau et Saint-Barthélemy à la vitesse de 7,94 nœuds sur l’orthodromie (la route directe). Les skippers de Race for Science - Verder ont en réalité parcouru 4233,31 milles à la vitesse moyenne de 8,68 nœuds. Ils sont arrivés à Gustavia 1 jour 12 heures 38 minutes et 32 secondes après les vainqueurs, Loïs Berrehar et Charlotte Yven (Skipper MACIF).

Arnaud Machado et Lucie Queruel (Groupe Hélios - Du Léman à l'Océan) ont franchi la ligne d’arrivée de la 16e édition de la Transat Paprec ce samedi à 17 heures 49 minutes et 15 secondes heure locale (23 heures 49 minutes et 15 secondes en métropole). Ils terminent 11e avec un temps de course de 20 jours, 10 heures, 47 minutes et 15 secondes. Arnaud Machado et Lucie Queruel ont effectué les 3.890 milles du parcours entre Concarneau et Saint-Barthélemy à la vitesse de 7,89 nœuds sur l’orthodromie (la route directe). Les skippers de Groupe Hélios - Du Léman à l'Océan ont en réalité parcouru 4270,97 milles à la vitesse moyenne de 8,70 nœuds. Ils sont arrivés à Gustavia 1 jour 15 heures 45 minutes et 42 secondes après les vainqueurs, Loïs Berrehar et Charlotte Yven (Skipper MACIF).

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Ils ont donc été les deux derniers à rejoindre le port de Gustavia. Race for Science – Verder (Alicia De Pfyffer/Édouard Golbery, 10e) et Groupe Helios – Du Léman à l’Océan (Arnaud Machado/Lucie Queruel, 11e) ont franchi la ligne d’arrivée samedi en milieu et en fin d’après-midi, bénéficiant pour conclure d’une lumière incroyable et de la foule de curieux venus se masser sur le ponton. Moins de 24 heures après le 9e, Alicia et Édouard, Arnaud et Lucie ont bouclé la course à leur tour. L’exploit est grand pour ces deux projets amateurs  !

« L’immense fierté d’être là »

Pourtant, rien n’a été facile. Il y a eu d’abord la préparation en amont de la course. A la différence de nombre de projets, eux n’ont pas passé l’automne et l’hiver à s’entraîner. Ils n’ont pas non plus le profil typique des Figaristes. Alicia et Édouard travaillent sur des yachts de luxe, quand Édouard, comédien, n’est pas sur les planches du théâtre. Lucie et Arnaud, eux, travaillent pour des teams IMOCA (Freelance.com et Lazare) et, après une transatlantique retour à l’issue de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe, ils ont décidé de tenter l’aventure à leur tour. « On ne s’était pas beaucoup entraînés, seulement la qualification et trois week-ends », reconnaît Lucie. 

À voir leur sourire et leur décharge d’émotion sur les pontons, les deux duos ont savouré cette « immense fierté d’être là », dixit Édouard. Pourtant, il a fallu faire face à tout, aux aléas et au temps qui passe aussi car rien n’est facile quand on voit ses camarades s’échapper devant. « Quand tu es derrière, tout devient long, expliquait ainsi Arnaud Machado. Plus les jours ont passé, plus c’était long parce qu’on savait que l’on ne pouvait pas rattraper ceux qui étaient devant ». « Quand on a vu la terre, on s’est dit qu’on avait réussi cette traversée malgré toutes les choses qui nous sont arrivées », s’amuse de son côté Alicia de Pfyffer.

Ils ont cravaché et n’ont rien lâché

Rien n’est linéaire lors d’une transatlantique. « On a cassé des choses dès le début » poursuit Edouard. Lucie et Arnaud, eux, ont dû s’arrêter à Tazacorte sur l’île de la Palma. « On s’est dit qu’on allait abandonner à cause du trou dans la grand-voile du J2 qui s’est déchiré », reconnaît Lucie. Sur l’île, les réseaux de la Direction de Course et la solidarité des locaux leur ont permis rapidement de trouver des solutions. « On a fait deux départs et deux arrivées », s’amuse-t-elle. Un peu plus de 24 heures d’escale donc avant de repartir et de retrouver le goût de la course, même si les petits camarades sont déjà loin. Et ça a été tout sauf une évidence. « C’est hyper dur d’être derrière et de tout faire comme les autres en étant derniers », assure Arnaud.

Pourtant, ils ont cravaché et n’ont rien lâché. Un temps, Arnaud et Lucie ont décidé de faire du sud dans les alizés pour bénéficier de conditions plus favorables. Une option qui leur a permis de mettre la pression sur Race for Science – Verder notamment en fin de course. « Quand Groupe Hélios – Du Léman à l’Océan est revenu, on a dû un peu s’arracher », indique Édouard. Un mano-à-mano s’est installé dans les derniers jours avant que Race for Science – Verder ne creuse définitivement l’écart. « Il nous aurait fallu une journée de plus pour revenir sur eux », confiait Lucie à son arrivée à Gustavia samedi.

« Il n’y a pas de honte à être amateurs ! »

Les deux duos ont gagné bien plus que les honneurs réservés à tous ceux qui bouclent une transatlantique. Ils ont bénéficié de l’une des meilleures formations qui soit à bord de ces bateaux si exigeants. « On a compris le bateau pendant la course », sourit Lucie. « Nous avons appris à barrer la nuit sous spi pendant des heures, assure son co-skipper, Arnaud, qui rappelle qu’il « ne connaissait pas le Figaro » avant cette course. Édouard confirme : « moi, c’était ma première course en Figaro et Alicia sa première course au large »

Un peu plus tôt à la vacation, ce dernier confiait, tout sourire : « je suis sûr qu’avec un peu plus de temps de préparation, on aurait pu être un peu plus dans le match avec les autres ». Et il assurait : « on montre qu’il n’y a pas de honte à être amateurs ! » Alicia, Édouard, Lucie et Arnaud ont donc réalisé une sacrée course et tous ceux qui ont été accros à la cartographie peuvent en être convaincus. Un avis partagé à la Direction de Course régulièrement élogieux à l’égard de ces deux bateaux. 

« Ça montre qu’il y a de la place pour des projets non professionnels » expliquait mercredi dernier Francis Le Goff, le Directeur de Course. Même dans une des classes les plus exigeantes de la course au large, des amateurs peuvent tenter leur chance, traverser l’Atlantique et vivre des émotions à nul autre pareil. Pour ces quatre skippers, l’aventure donnera forcément des idées pour la suite. Et ils pourraient aussi susciter des envies chez nombre de skippers amateurs qui pourraient à leur tour tenter leur chance dans deux ans, en prenant part à la Transat Paprec. Avant d’ajouter : « je ne considère pas Race for Science – Verder et Groupe Hélios – Du Léman à l’Océan comme les derniers parce que par rapport à l’édition précédente, l’écart avec le premier est assez faible. Pour des amateurs qui ont eu leur bateau très tard et se sont peu entraînés, on a noté une progression constante à tel point que dans un premier temps, après La Palma, on routait Édouard et Alicia à 85% de la polaire pour finir ces derniers jours à 95% de la polaire. Ils ont appréhendé le bateau et c’est ça qu’il faut retenir. Mais aussi qu’Arnaud et Lucie ont aussi été dans le coup avant d’avoir leur problème technique et leurs voiles déchirées avant de passer La Palma. Ils ont su se remobiliser pour revenir. Je pense qu’on les retrouvera, peut-être en Figaro ou ailleurs, tant leur progression a été énorme. Ils m’ont complètement bluffé et l’analyse qu’ils font de leur course à l’arrivée est juste. Ça prouve qu’ils ont un bel avenir devant eux ! »


LE CLASSEMENT GÉNÉRAL

1- Skipper MACIF
Loïs Berrehar et Charlotte Yven
Arrivés en 18 jours 19 heures 1 minute et 33 secondes

2- Région Bretagne - CMB Performance
Gaston Morvan et Anne-Claire Le Berre
Arrivés en 18 jours 19 heures 18 minutes et 6 secondes

3- Mutuelle Bleue
Corentin Horeau et Pauline Courtois
Arrivés en 18 jours 20 heures et 30 secondes 

4- Région Normandie
Guillaume Pirouette et Sophie Faguet
Arrivés en 18 jours 22 heures 22 minutes et 10 secondes 

5 - Cap Ingélec
Camille Bertel et Pierre Leboucher
Arrivés en 18 jours 23 heures 6 minutes et 45 secondes

6- Région Bretagne - CMB Océane
Chloé Le Bars et Hugo Dhallenne
Arrivés en 18 jours 23 heures 59 minutes et 54 secondes 

7- Ageas – Ballay – Cerfrance – Baie de Saint-Brieuc
Maël Garnier et Julia Courtois
Arrivés en 19 jours 58 minutes et 58 secondes 

8- Edenred
Basile Bourgnon et Violette Dorange
Arrivés en 19 jours 5 heures 4 minutes et 34 secondes

9- MonAtoutÉnergie.fr
Arthur Hubert et Colombe Julia
Arrivés en 19 jours 10 heures 33 minutes et 45 secondes

10- Race for Science - Verder
Alicia De Pfyffer et Edouard Golbery
Arrivés en 20 jours 7 heures 40 minutes et 5 secondes 

11- Du Léman à l’Océan
Arnaud Machado et Lucie Queruel
Arrivés en 20 jours 10 heures 47 minutes et 15 secondes

 

 

 

 

Source : Transatpaprec.com
Photos © Alexis Courcoux / La Transat Paprec