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VEILLER AU RESPECT DE LA MONOTYPIE

Mercredi 19 août 2026

Les explications de Christian Ponthieu, 
coordinateur technique de la Classe Figaro Beneteau

 

Il inspecte les Figaro Beneteau 3 tout au long de l’année et s’active sur les pontons avant chaque départ de course : Christian Ponthieu est le coordinateur technique de la Classe Figaro Beneteau, l’un des garants de la monotypie de l’ensemble de la flotte.

A l’occasion de L’Aventura, il revient sur les obligations des teams pour respecter la jauge et pouvoir s’aligner sur les courses du circuit Figaro Beneteau en toute équité.

 

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Une seule règle : tout ce qui n’est pas autorisé est interdit

Conformément aux règles de classe, seuls certains équipements sont autorisés à bord des Figaro Beneteau 3. De même, les entreprises habilitées à intervenir sur les bateaux sont validées par la Classe Figaro Beneteau pour être garantes du respect de la monotypie : installation électronique, matériel de communication, équipements de sécurité, équipements textiles, peinture. Le poids des Figaro Beneteau est également contrôlé régulièrement, tandis que le jeu de voiles embarqué est jaugé dès la sortie de la voilerie et déclaré en début de saison et avant chaque course.

Pour être autorisé à prendre le départ d’une course, un bateau doit disposer d’un certificat de jauge actif, attestant ainsi de sa mise en conformité. Pour chaque infraction aux règles de monotypie (effet direct sur la performance, modification du matériel…), un barème de pénalités est appliqué.

 

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Tout se joue dans les détails

Chaque début de saison, Christian Ponthieu se rend directement dans les ports d'attache des concurrents pour une inspection complète. Et avant chaque départ de course, « le shérif » comme l’ont surnommé les marins et leurs préparateurs, arpente les pontons.
« Je m'assure que les équipements obligatoires soient bien à bord et correctement plombés : radeau de sauvetage, bannettes, batteries, extincteurs, bidons d'eau et de gasoil, mouillage, airbags et gueuses éventuelles. Ces éléments doivent être fixés pour ne pas être matossés pour favoriser la glisse. Dès qu'un plomb semble s'oxyder, on le double ou on le remplace. »

Le moteur fait l'objet d'une attention particulière. Les marins ne peuvent pas l'utiliser pour avancer - mais ils peuvent démarrer en marche arrière pour se dégager d'un obstacle, ou le faire tourner pour recharger les batteries. Un boulon de blocage spécifique à la Classe garantit le respect de cette règle. Sa présence est systématiquement vérifiée.

Derniers points de contrôle : les marquages Beneteau, partenaire principal de la Classe, et les pavillons du Championnat de France de Course au Large. Rien n'est laissé au hasard.

 

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Des voiles sous haute surveillance

Pour une saison, chaque bateau a droit à 8 voiles neuves : grand-voile, J2, gennaker, grand spi (A2), petit spi (A4), J4, tourmentin et au choix, une des quatre voiles d’avant en plus. Les voiles neuves sont comptabilisées dans la déclaration de voiles de chaque skipper. Elles doivent obligatoirement disposer d’une vignette attestant qu’elles ont été mesurées et sont donc conformes à la jauge. Christian Ponthieu explique : « L’objectif de cette mesure est notamment de limiter le nombre de voiles fabriquées pour des raisons de respect de l’environnement, et de faire vivre le marché de l’occasion. Cela renforce aussi l’équité en ne laissant pas aux équipes à budgets plus confortables la possibilité de changer de voiles plus souvent que les autres ».

Pour chaque course, les skippers peuvent embarquer 7 voiles ainsi qu’un spi de remplacement qui sera plombé dans son sac par un scellé numéroté.

« Les Figaristes doivent embarquer la grand-voile, le J2, le gennaker, le grand spi, le petit spi, le J4 et le tourmentin. Avant le départ de la course, en général la veille, ils doivent communiquer les numéros des voiles embarquées. Ceux-ci seront contrôlés à l’arrivée par le comité technique, mandaté par la FFVoile. Si ces numéros ne correspondent pas, le skipper écopera d’une pénalité au temps. »

 

3 296 kg, pas un de moins

Selon l’annexe 14 des règles de classe, le poids minimal d’un Figaro Beneteau 3 « prêt à naviguer » est de 3 296 kg. Régulièrement dans la saison, et de manière aléatoire, les bateaux sont pesés :

« L’objectif est de vérifier que tous les bateaux sont au poids. En général, un bateau est pesé au minimum tous les deux ans. Nous enlevons au préalable tout ce qui bouge ainsi que les écoutes de foc et de spi. Nous laissons l’écoute de grand-voile, les drisses et les bouts à bord, ainsi que tous les éléments de sécurité, ce qui doit rester fixe. Si la pesée révèle un poids en dessous de la jauge autorisée, nous ajoutons des masses correctrices constituées de lingots de plomb de 5 kg. »

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Le coordinateur procède également à des pesées « surprises » entre les étapes des courses : « Nous effectuons un tirage au sort de quelques Figaro. Les conditions météo doivent être propices pour élever un bateau avec une grue et l’endroit facilement accessible, mais c’est important de le faire régulièrement. En cas de non-respect de la jauge, la pénalité peut être lourde, en général 1 minute minimum par tranche de 100 milles… De quoi faire réfléchir quand on participe à une course au temps ! »

 

La monotypie est l’ADN de la Classe Figaro Beneteau, une règle autant qu’une philosophie. Elle garantit une équité sportive : seul le marin fait la différence sur l’eau. Un équilibre que les équipes techniques s’emploient à préserver avec rigueur tout au long de la saison.